Cameroun : le bénéfice du Port autonome de Douala chute de 42 % en 2025

Le Port Autonome de Douala traverse une période financière difficile. Selon les chiffres validés lors du Conseil d’administration tenu en mai 2026, le bénéfice net du principal port camerounais a fortement reculé en 2025. Cette baisse importante intervient dans un contexte de ralentissement des revenus portuaires, alors même que plusieurs projets de modernisation restent en cours.

Une forte baisse du bénéfice net du Port de Douala

Le bénéfice net du Port Autonome de Douala est tombé à 7,26 milliards FCFA au 31 décembre 2025, contre 12,5 milliards FCFA en 2024. Cela représente une chute de 42 % en un an, selon les données issues du Conseil d’administration de l’entreprise publique tenu du 18 au 21 mai 2026 à Douala.

Cette baisse marque une nouvelle dégradation des performances financières du principal port du Cameroun, après un premier recul déjà observé en 2024.

Des revenus également en forte diminution

Le chiffre d’affaires du port a lui aussi enregistré une baisse importante. Les revenus du groupe portuaire sont passés de 114,1 milliards FCFA en 2024 à 74,89 milliards FCFA en 2025, soit une contraction d’environ 34 %.

Cette tendance contraste avec les performances réalisées quelques années plus tôt. En 2023, le PAD affichait encore un bénéfice estimé à 14,4 milliards FCFA pour un chiffre d’affaires de près de 119,6 milliards FCFA.

Le principal port stratégique du Cameroun sous pression

Le Port Autonome de Douala demeure pourtant une infrastructure stratégique pour l’économie camerounaise et sous-régionale. Le port assure environ 95 % du trafic portuaire national et sert également de porte d’entrée pour plusieurs pays enclavés d’Afrique centrale comme le Tchad et la République centrafricaine.

Malgré cette position dominante, le port fait face à plusieurs défis :

concurrence croissante du Port en eau profonde de Kribi ; coûts logistiques élevés ; congestion portuaire ; besoins importants de modernisation ; pression sur la rentabilité.

Des projets de modernisation toujours en cours

Malgré la baisse des résultats financiers, le Conseil d’administration du PAD affirme poursuivre plusieurs projets structurants destinés à améliorer les capacités du port. Parmi les dossiers évoqués figurent :

le projet de réseau ferroviaire portuaire ; la modernisation du quai Boscam ; le développement d’une plateforme logistique multimodale à Dibamba ; des négociations autour de nouveaux financements portuaires.

Les autorités portuaires espèrent que ces investissements permettront d’améliorer la compétitivité du port face aux nouveaux hubs logistiques de la région du Golfe de Guinée.

La montée en puissance du port de Kribi change la donne

Plusieurs analystes estiment que la progression du Port en eau profonde de Kribi pourrait progressivement réduire la domination historique du port de Douala.

Le port de Kribi attire désormais davantage d’investissements industriels et logistiques grâce à ses infrastructures modernes et à sa capacité à accueillir de grands navires.

Cette concurrence pourrait expliquer en partie les difficultés rencontrées par le PAD, même si les responsables du port n’ont pas encore officiellement détaillé les causes exactes du recul des performances financières.

Un enjeu majeur pour l’économie camerounaise

Le ralentissement des performances du Port autonome de Douala suscite des interrogations importantes pour l’économie camerounaise. Le port joue un rôle central dans les importations, les exportations et les échanges commerciaux régionaux.

Une baisse durable de sa rentabilité pourrait avoir des conséquences sur : les investissements logistiques ; les coûts du commerce extérieur ; les recettes publiques ; la compétitivité économique du Cameroun dans la sous-région.

La chute du bénéfice du Port Autonome de Douala en 2025 confirme les difficultés auxquelles fait face le principal hub maritime du Cameroun. Entre baisse des revenus, concurrence régionale et besoin de modernisation, le PAD entre dans une phase stratégique décisive pour préserver son rôle central dans l’économie d’Afrique centrale.