Cameroun : Yaoundé dénonce l’utilisation frauduleuse de son pavillon après l’interception d’un nouveau pétrolier lié à la flotte fantôme russe
Les autorités camerounaises renforcent la surveillance du registre maritime national face à la multiplication des navires utilisant illégalement le pavillon du Cameroun pour contourner les sanctions internationales
Le gouvernement camerounais a officiellement dénoncé l’utilisation abusive de son pavillon maritime après l’interception d’un nouveau pétrolier soupçonné d’appartenir à la « *flotte fantôme*» russe. L’affaire concerne le navire Tagor, intercepté le 31 mai 2026 par la marine française au large de la Bretagne alors qu’il était présenté comme naviguant sous pavillon camerounais. Après vérifications, les autorités de Yaoundé ont affirmé que le navire ne figurait dans aucun registre officiel autorisant l’usage du pavillon national.
Le Cameroun rejette tout lien avec le pétrolier Tagor
Dans une déclaration officielle relayée par le ministère des Transports, le gouvernement camerounais a indiqué que le pétrolier intercepté ne faisait pas partie des navires enregistrés au registre maritime national. Yaoundé a condamné « *l’utilisation frauduleuse et abusive des attributs de la nationalité camerounaise* » et a appelé la communauté internationale à prendre des mesures contre ce type de pratiques.
Les autorités ont également réaffirmé leur volonté de poursuivre l’assainissement du registre maritime camerounais afin de protéger la crédibilité du pavillon national sur les routes maritimes internationales.
Qu’est-ce que la flotte fantôme russe ?
Depuis le renforcement des sanctions occidentales contre Moscou à la suite de la guerre en Ukraine, plusieurs enquêtes internationales ont mis en évidence l’existence d’une « flotte fantôme » composée de pétroliers utilisant des pavillons de complaisance, des changements fréquents d’immatriculation et parfois de faux documents afin de transporter du pétrole russe.
Ces navires sont souvent accusés de contourner les restrictions imposées par l’Union européenne, le G7 et plusieurs partenaires occidentaux. Selon les autorités françaises, le Tagor aurait utilisé un faux pavillon camerounais au moment de son interception.
Une série d’incidents qui inquiète Yaoundé
Ce n’est pas la première fois que le nom du Cameroun apparaît dans ce type d’affaires. Depuis 2024, plusieurs partenaires internationaux, notamment l’Organisation maritime internationale (OMI) et l’Union européenne, ont exprimé leurs préoccupations concernant certains navires opérant sous pavillon camerounais et soupçonnés d’être liés aux circuits d’exportation du pétrole russe.
Face à ces critiques, Yaoundé a déjà retiré plusieurs navires sanctionnés de son registre maritime et travaille actuellement à un renforcement des règles d’immatriculation afin d’empêcher l’utilisation abusive du pavillon national.
L’Union européenne accentue la pression
L’affaire intervient alors que Bruxelles intensifie sa lutte contre les réseaux maritimes utilisés pour contourner les sanctions contre la Russie. Plusieurs États européens renforcent les contrôles en mer et multiplient les inspections de pétroliers soupçonnés d’appartenir à cette flotte parallèle.
Selon plusieurs sources diplomatiques, les efforts du Cameroun pour assainir son registre maritime sont désormais suivis de près par les partenaires européens, qui considèrent la question comme un élément important de la coopération maritime internationale.
Un enjeu de souveraineté et d’image internationale
Pour Yaoundé, l’enjeu dépasse le simple cadre maritime. L’utilisation illégale du pavillon camerounais expose le pays à des risques de réputation sur la scène internationale et pourrait affecter ses relations avec plusieurs partenaires stratégiques.
En dénonçant publiquement cette nouvelle affaire, les autorités camerounaises cherchent à démontrer leur volonté de lutter contre les immatriculations frauduleuses et de préserver la crédibilité du pavillon national dans le commerce maritime mondial.

