Ghana – Afrique du Sud : Accra refuse un visa au président Cyril Ramaphosa, les tensions diplomatiques s’intensifient
Les relations entre le Ghana et l’Afrique du Sud connaissent une nouvelle zone de turbulences. Selon plusieurs informations relayées dans les médias, Accra aurait refusé de délivrer un visa au président sud-africain Cyril Ramaphosa, dans un contexte marqué par les tensions liées aux violences visant des ressortissants africains en Afrique du Sud. Si cette information devait être confirmée officiellement par les deux gouvernements, elle constituerait un geste diplomatique particulièrement rare entre deux États membres de l’Union africaine.
Des relations bilatérales fragilisées par les violences contre les migrants
Depuis plusieurs semaines, les relations entre Accra et Pretoria sont mises à l’épreuve par les violences et actes d’hostilité visant certains ressortissants africains vivant en Afrique du Sud.
Les autorités ghanéennes ont exprimé leur préoccupation face à la sécurité de leurs citoyens installés sur le territoire sud-africain et ont renforcé leur dispositif d’assistance consulaire.
Cette situation intervient dans un climat régional marqué par les débats sur l’immigration, la sécurité et la montée des tensions xénophobes.
Le Ghana rapatrie plusieurs de ses ressortissants
Face aux inquiétudes suscitées par les violences signalées, le gouvernement ghanéen a organisé des opérations de rapatriement volontaire de plusieurs de ses ressortissants.
Les autorités ont également annoncé des mesures d’accompagnement comprenant :
* une assistance psychologique ;
* un appui social ;
* un accompagnement à la réinsertion.
Par ailleurs, le ministère ghanéen des Affaires étrangères a recommandé à ses citoyens de limiter les déplacements non essentiels vers l’Afrique du Sud tant que la situation sécuritaire demeure préoccupante.
La réponse des autorités sud-africaines
Le gouvernement sud-africain rejette les accusations selon lesquelles l’État encouragerait la xénophobie.
Le président Cyril Ramaphosa a appelé au calme et rappelé que les questions liées à l’immigration relèvent exclusivement des institutions compétentes.
Les autorités sud-africaines affirment poursuivre leurs efforts pour maintenir l’ordre public tout en protégeant l’ensemble des personnes vivant sur leur territoire, quelle que soit leur nationalité.
De son côté, le ministère sud-africain des Relations internationales a également insisté sur la nécessité de préserver le dialogue diplomatique entre les deux pays.
Une coopération historique mise sous pression
Le Ghana et l’Afrique du Sud entretiennent traditionnellement des relations de coopération étroites.
Les deux pays collaborent dans plusieurs domaines :
* le commerce ;
* les investissements ;
* la sécurité ;
* l’éducation ;
* les échanges culturels ;
* la coopération au sein de l’Union africaine.
Ces dernières années, plusieurs accords bilatéraux avaient permis de renforcer les échanges économiques et politiques entre Accra et Pretoria.
Les tensions actuelles risquent toutefois d’affecter cette dynamique.
La question de la libre circulation en débat
Les événements récents relancent également les discussions sur la mobilité des citoyens africains.
Le Ghana applique depuis plusieurs années une politique favorable à la libre circulation sur le continent, tandis que l’Afrique du Sud poursuit un renforcement de ses politiques migratoires face à l’immigration irrégulière.
Ces approches différentes alimentent régulièrement les débats sur l’intégration africaine et la protection des migrants.
L’Union africaine appelée à favoriser le dialogue
Face à cette montée des tensions, plusieurs observateurs estiment que les mécanismes de médiation de l’Union africaine pourraient contribuer à apaiser les relations entre les deux États.
Le respect des droits des migrants, la coopération sécuritaire et le maintien des relations diplomatiques demeurent des enjeux majeurs pour les deux puissances ouest et australe du continent.
Quel avenir pour les relations entre Accra et Pretoria ?
Malgré les tensions actuelles, les analystes estiment que le Ghana et l’Afrique du Sud disposent d’intérêts communs suffisamment importants pour privilégier la voie du dialogue.
Le développement des échanges économiques, la coopération régionale et les objectifs d’intégration africaine devraient inciter les deux gouvernements à rechercher des solutions diplomatiques durables.
La protection des ressortissants africains, la lutte contre les violences xénophobes et le renforcement de la coopération continentale resteront au cœur des discussions entre Accra et Pretoria dans les prochains mois.

