Ghana : le chômage des jeunes atteint 32,5 %, un défi majeur pour l’économie national

Près d’un jeune sur trois sans emploi malgré la croissance économique

Le Ghana fait face à une situation préoccupante sur le marché du travail. Selon les dernières données publiées par le service national des statistiques, le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans a atteint 32,5 % au troisième trimestre 2025. Autrement dit, près d’un jeune actif sur trois est sans emploi dans le pays. Cette situation intervient alors même que l’économie ghanéenne continue d’afficher des performances relativement solides en matière de croissance.

Une réalité particulièrement préoccupante dans les grandes villes

Les chiffres révèlent d’importantes disparités régionales. La situation est particulièrement critique dans la région du Grand Accra, où le chômage des jeunes atteint 49,3 %, soit près d’un jeune sur deux. Cette concentration du chômage dans les centres urbains traduit les difficultés du marché du travail à absorber le nombre croissant de diplômés et de jeunes à la recherche d’un premier emploi.

Selon les statistiques officielles, sept chômeurs sur dix au Ghana ont moins de 35 ans, ce qui illustre l’ampleur du défi auquel les autorités sont confrontées.

Des créations d’emplois insuffisantes face à la demande

Malgré la création de plus de 330 000 emplois supplémentaires au cours de l’année 2025, ces nouvelles opportunités n’ont pas permis de réduire significativement le chômage des jeunes. Les secteurs des services, du commerce, des transports et de l’éducation continuent de générer des emplois, mais la croissance démographique et l’arrivée massive de nouveaux diplômés sur le marché du travail maintiennent une forte pression sur l’économie.

Le taux national de chômage s’établit à environ 13 %, mais les jeunes restent la catégorie la plus touchée.

Plus de trois millions de jeunes en marge du marché du travail

Au-delà du chômage, les autorités statistiques ghanéennes s’inquiètent du nombre élevé de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni dans un cursus scolaire. Plus de 3,2 millions de jeunes se trouvent dans cette situation, connue sous l’acronyme NEET (Not in Education, Employment or Training). Chez les 15-24 ans, environ 1,34 million de personnes sont concernées.

Cette réalité alimente les inquiétudes sur les risques d’exclusion sociale, de pauvreté et d’émigration des jeunes diplômés vers d’autres pays à la recherche de meilleures perspectives professionnelles.

Le gouvernement sous pression pour créer davantage d’emplois

Face à cette situation, plusieurs responsables politiques appellent à faire de l’emploi des jeunes une priorité nationale. Les débats portent notamment sur le développement de l’entrepreneuriat, le soutien aux PME, l’industrialisation, la formation professionnelle et l’adéquation entre les compétences enseignées et les besoins du marché du travail.

Les experts estiment que la création d’emplois durables constitue l’un des principaux défis du Ghana au cours des prochaines années, alors que plus de la moitié de la population est âgée de moins de 25 ans.

Un enjeu stratégique pour l’avenir du Ghana

L’augmentation du chômage des jeunes rappelle que la croissance économique ne suffit pas toujours à améliorer les conditions de vie de la population. Pour de nombreux observateurs, l’avenir du Ghana dépendra largement de sa capacité à transformer sa jeunesse en moteur de développement plutôt qu’en génération confrontée à l’exclusion économique.

Alors que le pays poursuit ses réformes économiques, la question de l’emploi des jeunes s’impose désormais comme l’un des enjeux sociaux et politiques les plus importants du moment.