MADAGASCAR: l’ASSEMBLÉE NATIONALE LÈVE L’IMMUNITÉ DU DÉPUTÉ NAIVO RAHOLDINA
L’Assemblée nationale malgache a levé l’immunité parlementaire du député Naivo Raholdina, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires. L’annonce a été faite hier à Tsimbazaza par le président de l’institution, Siteny Randrianasoloniaiko.
Une décision prise après demande du ministère de la Justice
La levée de l’immunité fait suite à une requête formelle du ministère de la Justice. Selon Siteny Randrianasoloniaiko, toutes les procédures réglementaires ont été respectées avant que le bureau permanent ne se prononce.
« Nous avons reçu la demande dans les formes requises. Après examen, le bureau permanent a décidé de lever l’immunité parlementaire du député concerné », a-t-il déclaré.
Avec cette décision, l’Assemblée nationale met fin à son rôle dans le dossier. « La poursuite va maintenant être confiée à l’autorité judiciaire », a précisé le président de la Chambre basse, rappelant le principe de séparation des pouvoirs.
Des accusations de vol de terrains et d’agression
Naivo Raholdina devra désormais répondre devant les juridictions compétentes. Il sera déféré au parquet d’Anosy dans les prochains jours.
La ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, a souligné la gravité des faits : « Plusieurs plaintes pour vol de terrains et actes d’agression ont été déposées contre Naivo Raholdina. Les enquêtes sont en cours et doivent suivre leur cours normal ».
La ministre a indiqué que le suspect resterait en garde à vue jusqu’à la clôture des investigations, une position qui suscite déjà des réactions.
À l’issue de l’enquête, le ministère public décidera de la suite. Si les charges sont jugées suffisantes, le parquet pourrait requérir un placement en détention provisoire en attendant le procès. Dans le cas contraire, une liberté provisoire ou un classement sans suite reste possible.
Un dossier sensible dans un contexte politique tendu
Député du 5ème arrondissement d’Antananarivo et ancien soutien d’Andry Rajoelina, Naivo Raholdina avait été arrêté à la veille de l’ouverture de la session parlementaire et placé en garde à vue à Fiadanana.
Son interpellation s’inscrit dans une série d’arrestations visant des figures proches de l’ancien régime, comme Marie Michèle Sahondrarimalala, Sylvain Rabetsaroana ou Augustin Andriamanananoro.
Le dossier alimente les débats sur l’immunité parlementaire et les droits des élus, alors que Madagascar traverse une période de tensions politiques depuis la chute d’Andry Rajoelina .
L’affaire devrait alimenter les débats lors de la session parlementaire en cours à Tsimbazaza.

