Mauritanie : le président Ghazouani accorde sa clémence à neuf condamnés pour extrémisme
Un geste de clémence fondé sur le repentir et la déradicalisation
Le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a accordé une grâce présidentielle à neuf détenus condamnés dans des affaires liées à l’extrémisme et au terrorisme. Cette décision s’inscrit dans la stratégie mauritanienne de lutte contre la radicalisation, qui privilégie depuis plusieurs années le dialogue religieux, la réinsertion sociale et la déradicalisation des détenus. Selon les informations relayées par l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI), les bénéficiaires de cette mesure ont exprimé leur repentir et renoncé à leurs idéologies extrémistes.
La Mauritanie mise sur le dialogue pour combattre l’extrémisme
Contrairement à plusieurs pays du Sahel qui privilégient essentiellement l’approche sécuritaire, la Mauritanie a développé depuis plus d’une décennie un programme de dialogue entre des oulémas et les détenus impliqués dans des dossiers d’extrémisme. Ce mécanisme vise à déconstruire les discours radicaux par des échanges religieux et théologiques.
En avril 2026, la commission des oulémas chargée du dialogue avec les détenus concernés par l’extrémisme a présenté au président Ghazouani un rapport soulignant les résultats jugés positifs de cette approche, considérée par les autorités comme un modèle de prévention de la radicalisation.
Une mesure exceptionnelle dans un pays reconnu pour sa stabilité sécuritaire
La Mauritanie est souvent citée comme l’un des rares pays sahéliens à avoir considérablement réduit la menace terroriste sur son territoire depuis plus d’une décennie. Les autorités attribuent cette situation à une combinaison de mesures sécuritaires renforcées, de contrôle des frontières et de programmes de déradicalisation.
Les personnes graciées n’auraient pas été impliquées directement dans des opérations terroristes, mais avaient été condamnées pour des faits liés à l’appartenance à des groupes extrémistes ou à l’apologie du jihadisme.
Des réactions contrastées
Cette décision suscite des réactions partagées. Certains observateurs saluent une mesure favorisant la réinsertion et la réconciliation nationale, tandis que d’autres appellent à la vigilance afin d’éviter tout risque de récidive.
Les autorités mauritaniennes assurent toutefois que les bénéficiaires ont fait l’objet d’un suivi approfondi dans le cadre du programme de dialogue et qu’ils ont officiellement renoncé aux discours extrémistes avant d’obtenir cette grâce.
Un modèle observé dans la région
Alors que plusieurs pays du Sahel continuent de faire face à une forte menace terroriste, l’expérience mauritanienne de dialogue avec les détenus radicalisés attire régulièrement l’attention des organisations régionales et internationales. Les autorités considèrent que la prévention de l’extrémisme passe autant par l’action sécuritaire que par le travail idéologique et la réintégration sociale des anciens détenus.

