Niger : le général Tiani dissout neuf agences rattachées à la Présidence et à la Primature

Niamey engage une vaste réforme administrative pour réduire les dépenses publiques et recentrer les missions de l’État

Les autorités nigériennes ont officiellement dissous neuf agences et institutions publiques placées sous la tutelle de la Présidence de la République, de la Primature et du Secrétariat général du gouvernement. La décision a été prise par le décret n°2026-310/PRN/PM du 8 juin 2026 signé par le président de la transition, le général Abdourahamane Tiani. Cette mesure s’inscrit dans une politique de rationalisation des dépenses publiques et de restructuration de l’appareil administratif de l’État.

Une réforme visant à alléger l’administration publique

Selon les autorités nigériennes, cette réforme a pour objectif de réduire les doublons administratifs, d’améliorer l’efficacité de l’action publique et de transférer certaines missions vers les ministères sectoriels compétents.

Les structures concernées sont :

* Le Centre national d’études stratégiques et de sécurité (CNESS)

* Le Fonds d’investissement pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle (FISAN)

* L’Agence de modernisation des villes du Niger (AMV-Niger)

* La Haute Autorité du Waqf

* L’Inspection générale de la gouvernance administrative (IGGA)

* Le Haut-Commissariat à la modernisation de l’État (HCME)

* L’Autorité de régulation du secteur de l’eau (ARSeau)

* L’Autorité de régulation du secteur des transports (ARST)

* La Haute Autorité de protection des données à caractère personnel (HAPDP)

Les missions transférées aux ministères compétents

Le gouvernement précise que la suppression de ces organismes ne signifie pas l’abandon de leurs missions. Le décret prévoit le transfert immédiat de leurs compétences vers les départements ministériels concernés afin d’assurer la continuité des services publics. Cette réorganisation vise à concentrer les ressources humaines et financières au sein des administrations centrales.

Fin des fonctions des responsables et réaffectation du personnel

Le texte met également fin aux fonctions des directeurs généraux, présidents de conseils d’administration et autres responsables des organismes dissous.

Concernant les agents publics détachés dans ces structures, ils devront réintégrer leurs administrations d’origine. Les biens mobiliers et immobiliers des agences supprimées seront placés sous la gestion du ministère de l’Économie et des Finances, chargé de leur réaffectation selon les besoins de l’État.

Une décision qui s’inscrit dans la politique de refondation de l’État

Cette réforme intervient dans le cadre de la politique de « *refondation*» engagée par les autorités de transition depuis le changement de régime de juillet 2023. Le général Abdourahamane Tiani affirme régulièrement vouloir renforcer la souveraineté de l’État, améliorer la gouvernance publique et rendre l’administration plus efficace et plus proche des citoyens.

Des enjeux importants pour l’administration nigérienne

Pour les observateurs, cette décision marque l’une des plus importantes restructurations administratives engagées au Niger ces dernières années. Si les autorités mettent en avant la réduction des coûts de fonctionnement et l’amélioration de l’efficacité de l’État, certains analystes estiment que la réussite de cette réforme dépendra de la capacité des ministères à absorber les missions transférées et à maintenir la qualité des services publics.