Nigéria : vaste frappe contre les membres de l’ISWAP dans le nord-est
L’armée nigériane, appuyée par les États-Unis, a mené une série de frappes aériennes contre des positions du groupe jihadiste ISWAP dans le nord-est du Nigeria. Plusieurs combattants et hauts responsables de l’organisation affiliée à l’État islamique ont été neutralisés lors de cette offensive présentée comme l’une des plus importantes de ces derniers mois.
Une opération ciblée dans l’État de Borno
Les frappes ont principalement visé des bastions de l’ISWAP situés dans l’État de Borno, près du bassin du Lac Tchad, une zone devenue depuis plusieurs années l’épicentre des violences jihadistes au Nigeria. Les opérations auraient été coordonnées avec l’AFRICOM, le commandement militaire américain pour l’Afrique.
Plus de 170 combattants de Boko Haram et de l’ISWAP auraient été tués depuis le lancement de cette offensive conjointe. Plusieurs camps logistiques et dépôts d’armes ont également été détruits.
Trois chefs de l’ISWAP annoncés morts
Des médias africains rapportent également la mort de trois hauts commandants de l’ISWAP lors des bombardements. Parmi eux figurerait Abu-Bilal al-Minuki, présenté par Washington comme l’un des principaux dirigeants de l’organisation terroriste en Afrique de l’Ouest.
Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a salué « une avancée majeure dans la lutte contre le terrorisme », tandis que les États-Unis évoquent une coopération sécuritaire renforcée avec Abuja face à la montée des groupes extrémistes dans le Sahel.
Une région toujours sous tension
Malgré ces succès militaires annoncés, la situation sécuritaire reste fragile dans le nord-est nigérian. Depuis plus d’une décennie, Boko Haram et sa branche dissidente ISWAP multiplient les attaques contre les civils, les villages et les positions militaires. Le conflit a déjà causé des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés dans la région du Lac Tchad. Ces dernières semaines encore, plusieurs attaques et affrontements ont été signalés dans les États de Borno et de Yobe, illustrant la capacité des groupes armés à poursuivre leurs opérations malgré la pression militaire.
Des inquiétudes sur les victimes civiles
Certaines organisations de défense des droits humains continuent toutefois d’alerter sur les risques de bavures lors des opérations aériennes menées contre les groupes jihadistes. En avril dernier, une frappe de l’armée nigériane avait provoqué la mort de nombreux civils sur un marché de l’État de Yobe, selon plusieurs médias internationaux.

