RDC : les évêques catholiques rejettent toute révision de la Constitution

Les évêques catholiques congolais rejettent l’idée d’un changement de la Loi fondamentale, estimant qu’un tel projet pourrait fragiliser davantage un pays déjà confronté à de multiples défis sécuritaires et politiques.

La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a officiellement exprimé son opposition à toute initiative visant à modifier ou à changer la Constitution de la République démocratique du Congo. Dans un message publié le 20 juin 2026 à Kinshasa, les évêques catholiques ont appelé les autorités à respecter la Loi fondamentale et ont mis en garde contre les risques d’instabilité que pourrait entraîner un tel processus dans le contexte actuel du pays.

Une position officielle sans ambiguïté

Réunis en session de réflexion du 18 au 20 juin 2026, les membres de la CENCO ont examiné les enjeux liés au débat sur une éventuelle révision constitutionnelle en RDC. À l’issue de leurs travaux, les évêques ont clairement rejeté l’idée d’un changement de la Constitution, estimant que la priorité devrait être la résolution des crises sécuritaires, économiques et sociales auxquelles le pays est confronté.

Dans leur déclaration intitulée «La nation est en péril », ils invitent le président de la République à respecter le serment prêté lors de son investiture, notamment celui de défendre et faire respecter la Constitution.

Pourquoi la question de la Constitution suscite-t-elle autant de débats ?

Depuis plusieurs mois, la question d’une éventuelle révision ou modification de la Constitution alimente les discussions politiques en RDC. Ce débat intervient alors que le Parlement a récemment adopté une loi sur l’organisation du référendum, un texte qui a ravivé les interrogations de l’opposition et de plusieurs organisations de la société civile sur les intentions réelles du pouvoir concernant la Loi fondamentale.

La Constitution congolaise prévoit effectivement des mécanismes de révision. Toutefois, certaines dispositions, notamment celles relatives au nombre et à la durée des mandats présidentiels, sont considérées comme intangibles par de nombreux juristes et acteurs politiques.

La CENCO invoque le contexte sécuritaire

Pour les évêques catholiques, le principal problème n’est pas uniquement juridique mais aussi politique. Selon le secrétaire général de la CENCO, Mgr Donatien Nshole, ouvrir aujourd’hui un débat constitutionnel dans un pays confronté aux violences dans l’Est, aux déplacements massifs de populations et aux tensions politiques serait « hasardeux » et pourrait accentuer les divisions nationales.

La CENCO estime qu’une réforme constitutionnelle ne peut être envisagée que dans un climat de consensus national, de stabilité institutionnelle et de paix durable.

Une institution influente dans la vie politique congolaise

La CENCO est l’une des organisations les plus influentes de la société civile congolaise. Historiquement, elle a joué un rôle majeur dans plusieurs périodes de crise politique, notamment lors de l’Accord de la Saint-Sylvestre de 2016 qui avait permis un compromis entre majorité et opposition.

Sa prise de position actuelle pourrait donc peser lourd dans le débat national autour de l’avenir institutionnel du pays.

Des tensions politiques déjà perceptibles

L’opposition politique congolaise a multiplié ces dernières semaines les manifestations contre tout projet de modification constitutionnelle. Plusieurs rassemblements ont été organisés à Kinshasa et dans d’autres villes du pays. La question est devenue l’un des principaux sujets de confrontation entre le pouvoir et ses adversaires politiques.

Pour la CENCO, la priorité doit désormais être la consolidation de la paix, le renforcement de la démocratie et la recherche de solutions aux crises sécuritaires qui affectent particulièrement l’Est de la RDC.