Médecins Sans Frontières alerte sur une urgence sanitaire persistante

À l’approche du nouveau cycle de financement 2027-2029 du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Médecins Sans Frontières (MSF) exhorte les bailleurs internationaux à maintenir le Nord-Kivu parmi les zones prioritaires de la lutte contre le paludisme en République démocratique du Congo (RDC).

L’organisation humanitaire estime qu’une réduction des financements mettrait en péril les progrès réalisés dans cette province de l’est du pays, où les conflits armés, les déplacements massifs de populations et la fragilité du système de santé favorisent la propagation de la maladie.

Le Nord-Kivu, l’un des principaux foyers du paludisme en RDC

Le Nord-Kivu demeure l’une des provinces les plus touchées par le paludisme. Les violences récurrentes compliquent l’accès aux soins, perturbent les campagnes de prévention et exposent davantage les populations les plus vulnérables, notamment les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes.

MSF rappelle que ses équipes ont pris en charge des milliers de cas de paludisme dans les camps de déplacés du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les structures sanitaires restent fortement sollicitées face à l’afflux de personnes ayant fui les combats.

Des financements indispensables pour sauver des vies

L’ONG souligne que le Fonds mondial joue un rôle essentiel dans le financement des programmes de lutte contre le paludisme en RDC. Les ressources mobilisées permettent notamment de financer :

  • Le dépistage rapide des cas de paludisme ;
  • La distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide ;
  • Les traitements antipaludiques gratuits ;
  • Le renforcement des centres de santé ;
  • La surveillance épidémiologique.

Selon MSF, toute baisse des financements compromettrait directement ces activités essentielles, avec un risque accru d’augmentation des cas graves et de la mortalité.

Un contexte humanitaire particulièrement préoccupant

La situation sécuritaire dans l’est de la RDC continue d’aggraver les défis sanitaires. Les déplacements massifs de population, la fermeture de plusieurs structures médicales et le retrait de certains acteurs humanitaires compliquent davantage l’accès aux soins.

Dans plusieurs territoires du Nord-Kivu, MSF poursuit son appui aux hôpitaux et centres de santé afin d’assurer la prise en charge du paludisme, mais aussi d’autres maladies telles que les infections respiratoires et les maladies diarrhéiques.

MSF appelle les bailleurs internationaux à maintenir leurs engagements

À l’approche des discussions sur le reconstitution des ressources du Fonds mondial, Médecins Sans Frontières demande aux États donateurs de maintenir, voire d’augmenter, leurs contributions afin de garantir la continuité des programmes de santé dans les zones les plus affectées.

L’organisation estime qu’un désengagement financier aurait des conséquences particulièrement lourdes pour les populations du Nord-Kivu, déjà confrontées à une crise humanitaire prolongée.

La lutte contre le paludisme reste un enjeu majeur en RDC

Malgré les progrès réalisés ces dernières années, la République démocratique du Congo demeure l’un des pays les plus touchés au monde par le paludisme. Les autorités sanitaires, avec l’appui du Fonds mondial, de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de nombreux partenaires, poursuivent leurs efforts pour réduire la mortalité liée à cette maladie.

Pour MSF, préserver les financements internationaux constitue une condition indispensable afin de protéger les populations les plus vulnérables et d’éviter une aggravation de la crise sanitaire dans l’est de la RDC.