RDC : un médecin américain contaminé par Ebola, l’alerte sanitaire relance les inquiétudes
La République démocratique du Congo fait de nouveau face à une flambée du virus Ebola. Au cœur de cette nouvelle alerte sanitaire, un médecin américain travaillant dans l’est du pays a été contaminé après avoir pris en charge un patient infecté sans le savoir. Ce cas ravive les inquiétudes autour de la propagation du virus dans une région déjà fragilisée par les crises sanitaires et sécuritaires.
Selon plusieurs médias internationaux, le Dr Peter Stafford, chirurgien missionnaire installé en RDC depuis plusieurs années, a été testé positif au virus Ebola après avoir exercé à l’hôpital de Nyankunde, près de Bunia, dans la province de l’Ituri.
Un médecin contaminé après une intervention chirurgicale
D’après les premières informations, le praticien aurait contracté le virus après avoir opéré un patient souffrant de fortes douleurs abdominales. Ce malade, décédé par la suite, était déjà infecté par Ebola sans que l’équipe médicale ne le sache au moment de l’intervention.
Le médecin américain a commencé à présenter des symptômes, notamment de la fièvre et des nausées, avant d’être rapidement testé positif. Face à la gravité de la situation, il a été évacué vers l’Allemagne pour être pris en charge dans une unité spécialisée de l’hôpital universitaire de la Charité à Berlin.
Selon les autorités sanitaires, plusieurs personnes ayant été en contact avec lui sont actuellement sous surveillance médicale.
Une épidémie qui aurait commencé depuis plusieurs mois
L’Organisation mondiale de la santé estime que cette flambée d’Ebola aurait probablement débuté il y a plusieurs mois avant d’être officiellement identifiée. Les autorités sanitaires redoutent ainsi une circulation silencieuse du virus dans certaines localités de l’est congolais.
La souche détectée serait celle dite « Bundibugyo », une variante rare du virus Ebola pour laquelle il n’existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement officiellement approuvé.
L’OMS a d’ailleurs classé cette flambée comme une urgence sanitaire nécessitant une mobilisation internationale rapide afin d’éviter une propagation dans les pays voisins.
Plus de 100 décès suspectés
Les chiffres communiqués par les organismes de santé restent préoccupants. Plusieurs centaines de cas suspects auraient déjà été recensés dans les provinces touchées, notamment en Ituri. Des dizaines, voire plus d’une centaine de décès suspects, seraient également enregistrés selon les premiers bilans.
Les zones minières et les axes de forte circulation inquiètent particulièrement les autorités, car ils favorisent les déplacements rapides des populations et compliquent le suivi des contacts.
Une pression croissante sur le système sanitaire congolais
Cette nouvelle crise intervient alors que le système de santé congolais reste confronté à de nombreux défis notamment le manque d’infrastructures, l'insuffisance du personnel médical et les difficultés logistiques dans les régions reculées.
La contamination d’un médecin étranger rappelle également les risques élevés auxquels sont exposés les soignants en première ligne. Depuis les précédentes épidémies d’Ebola en RDC, plusieurs membres du personnel médical ont perdu la vie en tentant de contenir le virus.
Les autorités sanitaires congolaises, appuyées par l’OMS et plusieurs organisations internationales, ont renforcé les opérations de traçage des contacts, d’isolement des cas suspects et de sensibilisation des populations afin de limiter la propagation de la maladie.

