Le sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé 6 a ordonné la fermeture des églises de réveil exerçant sans autorisation légale ou ne respectant pas les dispositions réglementaires en vigueur. Cette décision s’inscrit dans la campagne nationale engagée par le ministère de l’Administration territoriale (MINAT) pour assainir le paysage religieux camerounais, lutter contre les dérives et garantir le respect de l’ordre public.

Une nouvelle étape dans l’assainissement du paysage religieux

À Yaoundé 6, les autorités administratives ont lancé une opération visant les lieux de culte qui fonctionnent en dehors du cadre légal.

Selon le sous-préfet, les églises concernées sont celles qui ne disposent pas des autorisations requises ou qui ne respectent pas les textes régissant les associations religieuses au Cameroun.

Cette initiative s’inscrit dans les instructions du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, qui a annoncé un renforcement des contrôles sur l’ensemble du territoire national afin de mettre fin au fonctionnement des organisations religieuses en situation irrégulière.

Une politique nationale de contrôle des associations religieuses

Depuis plusieurs mois, le MINAT multiplie les opérations de vérification dans différents départements du pays.

Les autorités rappellent que la liberté de culte est garantie par la Constitution camerounaise, mais qu’elle doit s’exercer dans le respect des lois et règlements en vigueur.

Le gouvernement affirme que cette campagne vise à garantir un meilleur encadrement des organisations confessionnelles, à préserver l’ordre public et à protéger les citoyens contre certaines pratiques jugées contraires à la loi.

Le drame de Nkolndongo a accéléré le durcissement des contrôles

Le renforcement des mesures intervient dans un contexte marqué par le meurtre d’une fillette de 11 ans dans le quartier Nkolndongo, à Yaoundé.

À la suite de cette affaire, impliquant une fidèle d’une église évangélique, les autorités ont convoqué les responsables de l’Église « Vie et Paix » afin de rappeler que les activités religieuses doivent s’exercer dans le strict respect des lois de la République.

Pour le gouvernement, ce drame a mis en évidence la nécessité de renforcer les contrôles afin de prévenir les dérives susceptibles de mettre en danger les populations.

Les principales irrégularités relevées par les autorités

Les services administratifs évoquent plusieurs manquements fréquemment constatés lors des opérations de contrôle, notamment :

  • L’absence d’autorisation administrative ou de reconnaissance légale ;
  • L’utilisation de bâtiments non autorisés comme lieux de culte ;
  • Les nuisances sonores dénoncées par les riverains ;
  • Des pratiques assimilées à des abus financiers ou à des escroqueries envers les fidèles ;
  • Le non-respect des règles de sécurité et des prescriptions relatives à l’ordre public.

Selon les autorités, ces irrégularités justifient les mesures de fermeture prises contre les structures concernées.

Yaoundé 6 rejoint les opérations déjà menées dans la capitale

L’arrondissement de Yaoundé 6 rejoint d’autres communes de la capitale ayant déjà fait l’objet d’opérations similaires.

À Yaoundé 4, plusieurs églises de réveil avaient été fermées après des enquêtes administratives révélant des irrégularités liées à leur fonctionnement, à leur statut juridique ou à leurs activités.

L’extension de ces contrôles à Yaoundé 6 traduit la volonté des pouvoirs publics d’appliquer les mêmes exigences sur l’ensemble du département du Mfoundi.

Près de 1 400 églises dans le viseur du gouvernement

Le ministère de l’Administration territoriale a annoncé son intention d’étendre cette opération à l’échelle nationale.

Selon le MINAT, près de 1 400 églises de réveil seraient concernées par des mesures de fermeture en raison de leur situation administrative jugée irrégulière.

L’objectif affiché est de renforcer la crédibilité du secteur religieux, de protéger les fidèles et de lutter contre les dérives constatées dans certaines communautés confessionnelles.

Entre liberté religieuse et respect de la législation

Cette campagne suscite des réactions diverses au sein des communautés religieuses.

Si plusieurs responsables ecclésiastiques soutiennent la lutte contre les faux pasteurs et les abus, d’autres appellent à veiller à ce que les mesures prises ne pénalisent pas des communautés respectant la réglementation.

Pour le gouvernement, cette opération ne remet pas en cause la liberté de religion garantie par la Constitution. Elle vise à garantir que toutes les confessions exercent leurs activités dans un cadre légal, transparent et conforme aux exigences de l’ordre public.

Vers un encadrement plus strict des activités religieuses

Avec l’extension des contrôles à Yaoundé 6, le Cameroun poursuit sa politique de régulation des associations religieuses.

Les autorités affirment vouloir instaurer un environnement où la liberté de culte s’exerce dans le respect des lois, de la sécurité publique et des droits des citoyens, tout en renforçant la transparence dans le fonctionnement des organisations confessionnelles.